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Édito de janvier 2023
LA GRÂCE DE LA PAIX

La paix, don de Dieu, se répandra partout dans le monde à condition que chacun mobilise toute son intelligence, sa sensibilité, ses actions au service du bien commun, au service de « notre maison commune ». Comme le dit saint Ignace dans les Exercices, il s’agit d’avoir « un coeur large et généreux ». Avant toute chose, il faut commencer par la prière. Le Mahatma Gandhi disait : « Il vaut mieux mettre son coeur dans la prière sans trouver de paroles, que de trouver des mots sans y mettre son coeur. »

 

Dans la tradition confucéenne, Mencius un penseur chinois ayant vécu 340 ans avant Jésus Christ disait d’une autre manière : « Perdre son coeur et ne pas chercher à le retrouver, que c’est malheureux ! Une poule ou un chien s’échappent ; on sait bien les chercher. On perd son coeur, et on ne cherche pas à le retrouver. Le chemin de la sagesse, c’est de se mettre à la recherche de son coeur perdu et rien d’autre. »

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Cela trouve un écho dans la parole de Jésus : « Là où est ton trésor, là est ton coeur » ou encore dans le psaume 107 : 

« Mon coeur est prêt, mon Dieu, je veux chanter, jouer des hymnes, ô ma gloire ». Que signifie cette ouverture du coeur, cette disposition au début de la prière, avant de prendre une décision ou avant d’entreprendre une action en faveur de la paix ?

 

• « Mon coeur et prêt » ! C’est un peu comme au moment de partir en voyage. Je fais les préparatifs. Je choisis d’emporter avec moi tel ou tel vêtement, tel livre ou tel objet. Je ne peux pas tout emporter de ce que je possède. Qu’est-ce qui est essentiel, indispensable, utile ? Pour faire la rencontre de Dieu, pour travailler au service de la paix, il est nécessaire de se désencombrer. Il faut s’habiller le coeur.
• « Mon coeur est prêt » ! C’est se préparer à faire l’expérience de l’imprévu, c’est vivre la surprise d’une rencontre, de l’inattendu. C’est comme un champ de blé prêt à être moissonné pour la récolte. La vie spirituelle consiste à disposer ma vie pour une fécondité de l’Esprit Saint. Le temps de Noël est une invitation à ouvrir son coeur. L’actualité avec ses violences de toutes sortes nous conduit à développer une éducation à la paix. Comment canaliser cette violence ? Quelles sont les causes ? Au Rwanda, le Cardinal Antoine Kambanda, archevêque de Kigali nous donne un exemple d’ouverture du coeur, dans un pays qui a connu un génocide en 1994 : « Nous avons appris à pardonner au voisin qui a tué nos proches. Nous savons combien ça coûte et combien c’est nécessaire de pardonner. » Le pardon est le moyen par excellence de mettre fin à la spirale de la vengeance et à l’escalade de la violence.
Nous les chrétiens, nous demandons souvent à Dieu la grâce de la paix. Dans les prières eucharistiques, par exemple la troisième : « Étends au monde entier le salut et la paix » ; « Donne au monde la paix ». La paix est don de Dieu, mais elle a besoin de nos mains, de notre coeur, de notre intelligence, de nos actions. La paix est un fruit de l’Esprit Saint (cf. Ga 5) en bonne compagnie avec la patience, la bonté, la bienveillance, la douceur, la maîtrise de soi. Que l’année 2022 soit une année de l’ouverture du coeur !

 

Pax Christi

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