
Vie chrétienne
Vivre sa foi au sein d'une communauté vivante
Méditations liturgiques

Réflexions spirituelles de l'Abbé Schaff
L'abbé Aloyse Schaff est une figure bien connue dans la région.
Après y avoir enseigné la physique et la chimie, l'abbé Aloyse Schaff a dirigé à Bitche le collège Saint-Augustin de 1998 à 2001.
L'abbé nous propose ici une approche et un approfondissement spirituel des lectures des dimanches tout au long de l'année liturgique ainsi que quelques prières personnelles.
"Il y a un moment où les mots s'usent. Et le silence commence à raconter."
Khalil Gibran
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« Maître dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand commandement ! Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes. »
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Croire en un Dieu s’est imposé très tôt à l’homme depuis qu’il est homme. Ceux de notre préhistoire se sont sentis bien petits devant les effets des cataclysmes de la nature, la foudre, les volcans, dont ils étaient victimes sans pouvoir les maîtriser. Ils ont cherché à se concilier ces « dieux » par des prières d’adoration, des offrandes, des sacrifices, même de sang. Qui ne s’est pas posé la question de ce Tout-Autre devant l’infini du ciel étoilé. Voltaire, le plus connu de ceux que l’on a nommé « théistes », a écrit : « le monde est une horloge et cette horloge a besoin d'un horloger. L'univers m'embarrasse, et je ne puis songer que cette horloge existe et n'ait point d'horloger. »
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Pour le croyant israélite de longue date, Dieu est un. Il le lui a été rappelé à de nombreuses reprises « Tu ne te prosterneras pas devant leurs dieux pour les adorer, ni les serviras, tu ne feras pas comme on fait chez eux mais tu devras abattre ces dieux, et briser leurs stèles ». Il lui marquait un profond respect tant il était conscient qu’il était « le Tout Autre » depuis que Moïse, l’ami de Dieu, dut l’entendre à distance en se voilant la face devant le buisson ardent. En même temps, et pour la première fois dans l’histoire des hommes, il apprend que son Dieu est bienveillance, soucieux de son bonheur et donc qu’il fallait l’aimer de tout son cœur, de toute son et rechercher sa présence au lieu de la craindre. L’auteur du psaume 63 trouve les mots justes pour lui dire : « Dieu, c’est toi mon Dieu ! Dès l’aube je te désire ; mon âme a soif de toi, ma chair languit après toi dans une terre desséchée, épuisée, sans eau. »
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Et puis vint Jésus avec un commandement qu’il dit être aussi important à ses yeux que le premier : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Il en fait dépendre la Loi et les prophètes. Ce n’est pas nouveau. On lit dans le livre du Lévitique : « Tu ne te vengeras pas, et tu ne garderas pas de rancune contre les enfants de ton peuple. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Je suis l'Éternel » (Lv (19,18 ) Mais qui est ce prochain ?« La tradition rabbinique enseigne que l'amour et la responsabilité envers le prochain s'étendent par cercles concentriques. Le cercle le plus proche englobe le couple, puis la famille élargie, les amis, les voisins, la communauté d'Israël, et par extension l'humanité créée à l'image de Dieu. » Quant au méchant, le psaume 109 ne tarit pas d’imprécations : « Que ses jours soient peu nombreux, que ses enfants deviennent orphelins, Et sa femme veuve !Que nul ne conserve pour lui de l’affection. » (109, 8-12) Pour Jésus il apparaît que le prochain est celui qui a besoin d’aide : la parabole du bon samaritain le dit clairement.
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La discrimination religieuse pourtant ne cessa jamais. Nous oublions que nous sommes chrétiens parce que nés et éduqués en terre chrétienne. Nous serions musulmans en terre musulmane, hindouistes en Inde, animistes en Mongolie. L’article 2 de la Déclaration universelle des droits de l’homme de 1948 stipule : « Nul ne peut faire l'objet de discrimination de la part d'un Etat, d'une institution, d'un groupe ou d'un individu quelconque en raison de sa religion ou de sa conviction. » Pour le croyant chrétien, il s’agit de bien plus que d’un droit mais d’une disposition du cœur qu’il ne faut cesser de rendre conforme à celui de Jésus en personne.
Méditation
J’ai peur de regarder le journal de 20 heures.
Tant ce qu’on y dit et voit soulève le cœur.
La terre est désolée et mon âme cabossée
Par cette violence et les souffrances étalées.
Que faire pour que les hommes vivent en paix ?
Pour que femmes et enfants n’aient plus peur ?
Que faire pour que la terre blessée ne meure
Sous les coups que nous lui portons sans arrêt ?
Lève-toi, me dis-tu, Seigneur, cesse de pleurer.
Va dire à celui qui a besoin d’un peu de joie
Que Tu es venu pour te voir être à ses cotés
Et que, près de toi, il est comme chez soi.
Que d’autres ont besoin aussi d’être écoutés.
Que, moins lourdes, sont les croix partagées.
Que pour cela, chacun doit prendre sur lui
Un peu de ce qui fait la souffrance d’autrui.
Seigneur,
Fais, de ces petites pailles éparpillées,
Des feux qu’on ne pourra pas arrêter.
