Que retenir des multiples messages que je reçois ? Certains s’étonnent que le pape de Laudato si, nous invite à nous tourner vers Dieu pour le supplier d’écarter de nous cette terrible pandémie.

 

            N’est-ce pas en contradiction avec Laudato si qui invite l’homme à gérer la création de façon responsable, en respectant le dessein du Créateur et en corrigeant les erreurs qui l’abîment ? A la limite, on pourrait concevoir ce virus et sa propagation comme un dérèglement.

 

            Le pape François s’inscrit dans la longue tradition de prière de l’Église qui se tourne vers Dieu pour l’aider à faire face à des situations qui la dépassent, car le génie de l’homme, pour important et efficace qu’il soit, n’a pas de solution pour tout, comme le montre la situation actuelle, en dépit de tant d’initiatives compétentes et généreuses.

 

            La procession dansante du mardi de Pentecôte à Echternach ( Luxembourg ), auprès du tombeau de saint Willibrord, serait une démarche d’action de grâce pour remercier le saint évangélisateur du Grand Duché d’avoir délivré ses habitants d’une épidémie de peste, il y a plusieurs siècles.

           J’ai encore en mémoire mes vacances d’enfant dans le village natale de ma mère, au Pays Basque, où la messe dominicale était précédée d’une procession à travers le cimetière. Arrivé à la grande croix du cimetière, le prêtre aspergeait les quatre points cardinaux en disant en latin  a peste, fame et bello, a fulgure et tempestate, a flagello terrae motus et les fidèles répondaient Libera nos Domine… Dans ce même village, un été où la sécheresse était particulièrement éprouvante, le curé avait décrété trois jours de procession au petit matin en chantant les litanies des saints, avant de terminer à l’église par la messe des Rogations.

 

            Plus récemment, j’ai souvenir qu’en 1991, quand commença la guerre du Golfe, avec un engagement important de notre armée, nos églises se remplirent à nouveau durant une courte période.

 

            Bref, il est tout à fait normal que nous nous tournions vers Dieu pour lui remettre des causes qui nous dépassent. Ce n’est pas démission de notre part, mais démarche de foi en celui qui est le Maître de l’Impossible.

 

            Certains de mes correspondants n’hésitent pas à dire que cette pandémie est une punition de Dieu pour nos infidélités et en particulier les récents scandales qui défigurent le visage de l’Église. Ce n’est pas ainsi qu’agit le Dieu de Jésus Christ. Certes nous supportons les conséquences humaines de nos actes, mais ce n’est pas Dieu qui nous punit. En ce temps de Carême, où l’office de lecture nous fait lire chaque jour un passage de l’Exode, nous devons nous garder de rapprochement trop hâtifs avec les plaies d’Egypte.

 

            C’est vrai que les événements ont des conséquences dans la vie des sociétés et des personnes. La civilisation gréco-romaine par exemple s’est progressivement auto-détruite par la licence de ses mœurs. Et, comme on le dit beaucoup à l’heure actuelle, la pandémie terminée, rien ne sera plus tout à fait comme avant :  des solidarités surprenantes se seront déployées, des capacités incroyables de générosité se seront manifestées dans le corps des soignants, on aura vécu plus simplement et certains problèmes de société seront sans doute abordés autrement. Je pense au projet de lois bioéthiques qui est pour le moment dans un placard. Les évêques de France ont fait connaître leur position par l’intermédiaire de Mg Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes. On les a écoutés poliment, mais la laïcité est toujours soupçonneuse à l’égard des religions, on redoute que leurs positions ne briment la liberté personnelle et ce que l’opinion majoritaire considère comme une avancée sociale, alors que, si les évêques se sont exprimé, ce n’est pas au nom de considérations religieuses, mais au nom de l’homme, de cette loi naturelle qui devrait être la référence commune. Il ne nous est pas interdit de rêver que la pandémie terminée, on pourra regarder autrement ces réalités. Et de ce point de vue, il est vrai que, selon la pédagogie divine, d’une épreuve peut naître un plus grand bien.

 

            Puisse la victoire pascale du Christ, que nous allons célébrer, cette année, dans un grand dénuement, renouveler notre vie personnelle et sociale et nous permettre d’être les bâtisseurs d’un monde nouveau ! Tel est le vœu que je forme, pour ceux qui me liront, au seuil de la quinzaine pascale

 

            + fr Pierre Raffin, o.p., évêque émérite de Metz

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