Édito
Visages et mains de la Miséricorde !

Octobre 2021

Nous traversons une période difficile. Depuis plusieurs mois, notre présence auprès des personnes fragilisées est marquée par des contraintes qui peuvent nourrir notre lassitude. Des équipes perdent le goût de la rencontre et des bénévoles se demandent s’ils vont poursuivre la mission dans ce cadre. La peur instillée par les informations contradictoires ne saurait prendre le pas sur ce qui fait le coeur de notre mission.

 

Nous sommes envoyés à la rencontre du Christ et le pape François nous rappelle que « la joie de l’Evangile remplit le coeur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus-Christ la joie naît et renaît toujours. » (La joie de l’Evangile 1)

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La joie naît du retour de la mission, de la relecture à l'écoute de la Parole de Dieu. Je repense au retour des soixante douze tout joyeux et à Jésus rendant grâce : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits… » (Luc 10, 21). Seules la vie d’équipe et la relecture peuvent donner sens à ce que nous vivons parfois dans l’adversité. Rendre grâce, c’est reconnaître l’action de Dieu en nous et à travers nous. Dieu se fait chair en nous. Nous avons été appelés et envoyés en mission au nom de l’Eglise pour être signe d’un Dieu qui veut entrer en relation de tendresse avec chaque être humain. Il nous est donné d’en être les témoins parfois impuissants et toujours émerveillés. Avec nos vulnérabilités de gens ordinaires, nous sommes « pêcheurs d’hommes » et nous mesurons la confiance que Dieu nous fait, en nous associant à sa mission. Nous vivons au quotidien le souhait du Pape François : « Je préfère une Eglise accidentée, blessée et sale pour être sortie par les chemins, plutôt qu’une Eglise malade de la fermeture et du confort et s’accrocher à ses propres sécurités. Je ne veux pas une Eglise préoccupée d’être le centre et qui finit renfermée dans un enchevêtrement de fixations et de procédures. ». (La Joie de l’Evangile 49) Notre mission est belle, car elle donne un visage et des mains à la miséricorde dont l’Eglise – Corps du Christ est le signe sacramentel.

Abbé Eric Schneider

Curé Archiprêtre