L'édito d'Eric

Novembre 2019 : 

Sur la terre comme au ciel !

Dans le tourbillon de nos vies quotidiennes, nous marquons une pause à l’instant où nous poussons la grille du cimetière pour la rituelle visite de la Toussaint. Ces pierres qui recouvrent les disparus, ont pour nous valeur de refuge et de symbole. Ceux que nous avons connus et aimés reposent là et leur souvenir nous ramène à ce point fixe où vont échouer nos regrets et nos espoirs. Tombes entretenues et fleuries, tombes oubliées et abandonnées, elles sont toutes là, aujourd’hui, offertes à la méditation et à la prière. Par-delà cette impitoyable barrière dressée par la mort, il y a encore un dialogue possible au secret des mémoires et des coeurs.

Aucune autre saison que l’automne ne rappelle mieux aux yeux de l’homme la réalité de son destin : comme les feuilles qui tombent, ainsi défilent nos années, le psaume 89 nous le dit bien : « Nos années s’évanouissent dans un souffle. Le nombre de nos années ? Soixante-dix pour les uns, quatre-vingt pour les plus vigoureux ». Ainsi s’en va le cycle normal de la vie, toujours plus dépouillé.

Notre époque se vante de tant d'exploits. Mais elle oublie volontiers sa défaite finale et inévitable : le combat contre la mort. La mort reste intacte, toujours victorieuse. Aussi est-il de bon ton de la nier, d'agir comme si elle n'existait pas et de ne jamais en parler ouvertement.

Cela entraverait-il sa réalité ? Dans un contexte qui la dissimule et qui l'escamote, il semble au contraire que l'irruption de la mort devienne plus scandaleuse, plus intolérable, plus douloureuse. La mort, parce qu'elle pose une fin absolue à notre désir de vie, de relations épanouissantes, de bonheur, nous oblige à nous reposer la question de notre relation à elle. Car, devoir mourir est un des problèmes fondamentaux de l'existence : comment dois-je vivre en sachant que je dois mourir ? Or, le silence des morts pèse sur les vivants. La mort est une réalité, une des plus assurées, dont pourtant nous n'aimons guère parler. Ces sentiments confus de gêne, de peur ou d'incertitudes quant à notre sort après la mort nous font préférer taire la mort.

Les chemins de la Toussaint nous rappellent notre condition d’homme mortel, ils nous rapprochent de nos chers disparus par la pensée, nous évoquons leur présence, leurs sourires, leurs paroles, leurs gestes, leurs enseignements. Les multiples aspects dont est faite une existence humaine et qui la rendent unique et précieuse, nous reviennent en mémoire. Ainsi se reconstitue, dans le secret de nos coeurs, la chaleur d’une affection que nous sentons permanente, par-delà toute séparation.


Alors, tout au bout de la route, moins effrayés de l’avoir regardée en face, nous entrerons, dans cette mort qui nous attend, dans cette lumière qui n’aura pas de fin, car le Christ par sa mort nous donne une vie nouvelle. Apaisons un instant le tumulte de nos existences, immobilisons nos vaines agitations et arrêtons-nous devant la pierre du dernier sommeil, au seuil de la demeure d’éternité.

Abbé Eric Schneider

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