Édito de l'été 2022
"Priez, sans cesse"

La prière n'est pas de l'ordre du savoir. La réponse de Jésus dans l'Évangile est : "Quand vous priez, dites Notre Père." Penser à chaque mot prononcé, le répéter deux fois, trois fois, en appeler à son ressenti.
La tradition biblique nous donne les mots par le support d'un livre de psaumes, quand on n'a pas les mots ; choisissons ceux qui ont la couleur de notre humeur. Les paris sont levés pour s'élever.

Quelles sont les étapes d'une bonne prière ?
La prière du rosaire chère aux Dominicains permet, par la répétition, de méditer l'Évangile à livre ouvert. Le sens de la prière est de se tenir, en épreuve ou en louange, devant Dieu en silence, de se concentrer sur ce silence là et d'être présent à lui. Comme le ferait un prêtre ou un père spirituel, il faut mettre le Seigneur à nos côtés dans une relation vive, s'abandonner au Père, tous les sens en éveil. Avec coeur, elle nous fait méditer sur notre souffle en ruminant un morceau de la parole de Dieu dans le livre de la Bible, en entrant dans une invocation au Christ tout en travaillant sur la respiration.

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La prière s'apprivoise avec les autres ; cette initiation s'apprend. Rien de surnaturel. Relisons ensuite notre temps de prière en personnes en quête de sens. Choisir un temps pour Dieu, notre créateur, confier certaines de nos pensées à Dieu, peser
ce qui nous sépare du Seigneur et de notre prochain, terminer par un Notre Père, cela suffit. Se sentir concerné par la parole de l'Évangile, en avoir besoin, suffit pour que la grâce se fasse et se passe.

La prière, un temps de grâce
La prière en appelle à la profondeur de notre âme, elle est un appel à l'aide, un désir jeté au ciel, un cri dans le silence, une réponse à la question du pardon. Vous en conviendrez, la foi se vit dans un environnement au sein duquel chaque prière de louange résonne comme une adoration, dans la joie du Seigneur. La prière deviendra ce quelque chose indispensable de votre vie, que vous l'expérimentiez en prière personnelle, de couple, familiale ou en communauté. Il existe sans doute autant de formes de prières que de formes de personnes et d'âmes : le temps d'une neuvaine, d'un psaume, d'une oraison, d'un chapelet, d'une adoration eucharistique, d'un Notre Père, Jésus, Dieu ou Marie seront au centre de votre élan spirituel. Voilà matière à bannir une prière mécanique au profit d'une foi intériorisée et de prières incarnées.

Jésus nous invite à prier, comme il l’a fait lui-même, pour un discernement efficace au quotidien. Maître en prière, il nous souffle « Priez sans cesse ». Encore faut-il comprendre le but de la prière, que le Christ nous intègre à sa vie, qu’il nous fasse entrer dans son amour total et gratuit. C’est à une prière « action de grâce » qu’il nous convie. « Quand vous priez, retirez-vous dans le secret », nous murmure-t-il. Si la prière est difficile, c’est sans doute que nous lui cherchons un espace propice, pour autant, qu'importe le lieu, prier au désert peut nous être autant profitable que prier dans le métro, à la maison, à l’hôpital, à l’Ehpad ou encore au Erbsenthal. La prière, dans la nuit de l’âme, nous remet dans la confiance. Il suffit de quelques mots, d'un psaume : louer Dieu, lui dire notre confiance, pour entrer, il est permis, dans une prière de demande. 

« Seigneur, apprends-nous à prier. »

Abbé Eric Schneider

Curé Archiprêtre